Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 14:52

Samedi 17 novembre 2007

 

Ce samedi, j’étais invité à la cérémonie de mariage de la secrétaire de mon patron. C’était un beau mariage. Un grand contraste entre un jeune couple moderne d’une trentaine d’années et l’assistance, elle, très traditionnelle. Les mariés, à l’européenne, elle en très belle robe blanche vaporeuse et lui en smoking noir impeccable. Tous les autres en tenue traditionnelle de toutes les couleurs.

 

Pour les hommes : Des boubous brodés de couleurs claires en tissus damassés ou brocards satinés à ramages dorés ou argentés, surtout des couleurs pastel, bleu très pâle, jaune très pâle ou blancs, portés avec cette espèce de chéchia molle, retombant sur le côté (Un peu à la manière des Stroumpfs), faite dans le même tissus que le boubou. Très dignes, très nobles.

 

                  


Pour les femmes : Des robes beaucoup plus colorées, chamarrées, de couleurs vives. Des robes cintrées qui leurs moulent le corps, la cambrure des reins, les hanches et les fesses. Ces hanches et ces fesses qu’elles savent si bien faire rouler et danser. Ces corps taillés dans l’ébène qui me donnent tant d’émotions. Ces robes bien ajustées les rendent irrésistibles. Elles portent Un énorme nœud dans les cheveux fait avec un morceau de tissus de couleur vive, empesé et noué d’une façon particulière. Un nœud exagérément volumineux mais très seyant(Manière Alsacienne éxotique).

 

Si les messieurs sont très dignes, les femmes dansent (en toute dignité, œuf corse).

  L’ambiance est assez surréaliste. La mairie de quartier est un bâtiment récent, relativement moderne mais mal entretenu. Au rez de chaussée, en semaine, on y distribue de l’engrais aux agriculteurs. Alors les mariages du samedi piétinent et dansent sur les reliquats d’engrais, des épluchures  et toutes sortes de détritus. Ce jour là il y avait quarte mariages à la queue leu leu.


 
Une assistance assez nombreuse attendant chaque cérémonie, dans un grand mélange. Il faisait beau et chaud. Et en plus, c’était un peu ambiance « cour des miracles ». Ces mariages avaient attiré tout un « monde » d’infirmes, de petits marchands, de musiciens, des hommes équipés de mégaphones qui souhaitaient la bienvenue et toutes sortes de grâces que l’on peut souhaiter. Tout ce petit monde était là pour profiter de ce jour de joie collective et essayer de tirer partie d’un moment de générosité. Les uns vendent, les autres consomment bananes, beignets et autres gâteaux dans le vacarme des tambours des mégaphones et des chants. J’étais le seul « white » de cette assemblée et j’ai été tout de suite la cible de tous les quémandeurs. Quand j’ai eu distribué tout ce que j’avais dans les poches, Joseph et des gens ont vu que j’étais embêté et sont intervenus pour chasser les importuns.


 
Nous avons attendu plus de deux heures en plein soleil que « notre mariage » soit appelé par le maire. Ruée dans l’escalier, car la salle de mariage est au premier étage. En jouant des coudes et grâce à Joseph nous avons pu arriver jusqu’à la porte de la salle, mais elle était pleine à craquer, bien trop petite pour contenir toute l’assistance. Nous avons renoncé et battu en retraite. Pour parodier un slow célèbre sur lequel j’ai tant dragué étant jeune et beau, on aurait pu chanter, non pas « Monaco 28°  à l’ombre», mais « Oshogbo 38° à l’ombre ».  Avez-vous déjà pris un sauna tout habillé ? Ben moi, oui !  A ce moment là j’aurais volontiers échangé mon costard cravate bleu marine contre un boubou nigérian.


 
Nous avons pu voir le couple de mariés à la sortie. Elle était resplendissante et magnifique, lui, superbe athlète dans son smoking ressemblait à un acteur de cinéma. C’est beau l’amour !  Nous les avons félicités, puis ils sont partis pour la fête, sous les applaudissements  de ceux qui ne venaient qu’à la cérémonie. Belle journée, beau mariage.  Jeunes mariés, soyez heureux et ayez beaucoup d’enfants !  Comme l’on dit.

 

PS : J’avais pris de belles photos avec mon portable, mais hélas on me l’a volé… Alors vous devrez vous satisfaire de celles-ci qui ne sont pas terrible, mais qui auront au moins l’avantage d’illustrer mon texte.

 

Par Michel Neuers
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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 11:28

Samedi 10 novembre 2007



Le Nigeria, c’est une Afrique que je ne connaissais pas. J’ai pourtant passé plus de 20 ans en Afrique centrale, au Gabon et en Guinée équatoriale. C’était l’Afrique des cartes postales, typique, où il fait bon vivre, où les gens ont le temps, où les contacts sont faciles et sympas. Je ne veux pas dire que les nigérians ne le sont pas, mais l’ambiance est très différente car ici, ce n’est pas la "lutte pour la vie". C’est en permanence, pour la grande majorité, la lutte pour la survie. Alors forcément…

C’est 160 millions d’habitants (presque 3 fois plus qu’en France) qui vivent en manque de tout. Oh ! On y trouve à peu prés tout, au Nigéria, mais qui peut y accéder ?

La superficie est presque le double de celle de la France mais la moitié du pays est semi-desertique, voir désertique. Les gens se sont entassés dans les villes  qui sont devenues immenses et ingérables.

L’indice de fécondité des femmes est de 5.31 et avec les progrès de la médecine la mortalité infantile  est en passe de devenir un triste souvenir.

L’industrie est assez développée, on fabrique un peu de tout au Nigeria et de qualité satisfaisante. Le revenu principal étant le pétrole, mais qui en profite ???

Le seul moyen de transport est la route. Le réseau routier est assez bon. Les axes principaux sont goudronnés.

Il y a bien un chemin de fer, mais dans quel état ??? Un nouveau projet de chemin de fer est "en bonne voie". Espérons que ce ne soit pas une voie de garage.

La presse est d'opinions variées (plusieurs quotidiens nationaux en anglais) et j’y ai lu des articles très critiques qui ne passeraient pas dans beaucoup d’autres pays.

Ce qui me semble le plus difficile à organiser, c’est cette masse de gens qui vivent d’une façon très anarchique car ils ne peuvent pas faire autrement. Et comment faire changer les habitudes…

Je vous ai parlé du problème d’avenir pour les enfants, mais il y a aussi le problème des vieux qui n’ont pas de retraite et qui sont un fardeau pour les générations montantes. Avant, les vieux vivaient (et mourraient) au village, mais ceux qui ont vécu toute leur vie en ville ont perdu leurs attaches dans leur village d’origine. Alors on en voit traîner...Quelle fin de vie pour eux ?

Pas de « Sécu » non plus. Beaucoup de médicaments sont fabriqués au Nigeria, sous licence. Ils ne coùtent pas cher, mais pour un budjet nigerian, c'est trés (trop) cher  alors on se soigne...  ou on ne se soigne pas. C’est selon…

 Et tous ces gens regardent la télé où on leur montre le niveau de vie des américains ou des européens où le moindre employé a sa voiture, où les frigos sont toujours pleins. On se garde bien de leur montrer que chez nous aussi il y a de la misère. Alors tout le monde rêve de s’expatrier dans ces pays de cocagne où tout est si simple, où l’on pleure la bouche pleine sur le bord du trou de la sécu et où nous sommes désespérés par 10% de chômeurs. Et où l’on se bat pour 25 élèves par classe. J’en passe et des meilleures.

J’avais bien eu l’idée de leur envoyer Sarko mais ils sont moins c…andides que nous. Ils n’en veulent pas. Surtout maintenant qu’il parle de rigueur… Il ne leur manquerait plus que de la rigueur !!!

Alors si nous n’acceptons pas de coopérer avec ces pays, nous devons avoir peur d’eux, car comme disait ma grand-mère, « ventre affamé  perd tout bon sens».  Ce ne sera pas suffisant de gesticuler avec le Pape. Sarko peut bien expulser 25 000 "sans papiers" par an il en arrivera toujours plus qu’il ne réussira à en expulser, car pour eux c’est une question de survie. Il y en a déjà qui prennent le risque de mourir noyés dans l’océan ou gelés dans le train d’atterrissage d’un avion ou de soif dans le désert. Les Préfets pourrons réquisitionner tout Air France et remplir ses A380 ils ne pourront pas faire front. Nous ne vivons pas dans un paradis terrestre où rien ne peut nous arriver. Tous ces gens sont bien sur notre terre et nous devons en tenir compte. C’est notre survie aussi dont il est question. C’est une déferlante de plusieurs milliards d’individus qui nous menace et que nous pourrons, tout au mieux, retarder. Alors pourquoi ne pas chercher une autre voie que le protectionnisme ?

Pour en revenir aux expulsions, on parle généralement de 20 000 € par expulsé. Ce qui me semble très en dessous de la réalité. Moi, je dirais 40 000 €  car il faut prendre en compte les frais de «justice (?)», de « pension (?)», de voyage y compris les « accompagnateurs(?) », les billets d’avion, le coût des policiers occupés à ces basses besognes, des employés de préfecture et autres. Je dis donc: 25 mille expulsions multipliées par 40 mille €, égal 1milliard d'€. Soit 1/8 du fameux trou de la Sécu. Et en un an seulement.

En + de l’inhumanité de la chose, cherchez l’intelligence du projet ????

Un milliard d’Euros c’est le cadeau de Noël que la clique à Sarko vient de faire aux électeurs qu’il a volés à « nenoeil ».

PS: Abonnez vous à la news letter. Vous serez ainsi prévenu de chaque nouvel article.

Par Michel Neuers
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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /Avr /2008 22:47

Mercredi 7 novembre 2007

 

 

Enfin une liaison directe avec Cécile ! Grâce à Alexandra qui lui a donné mon numéro de téléphone, Cécile a réussi à m’appeler. Nous avons pu nous parler cinq minutes avant d’être coupés, mais le contact est rétabli et c’est un grand bonheur. Nous avons pu convenir d’un rendez vous sur internet. Elle va bien et a reçu les papiers que je lui avais envoyé avant de partir. Elle a bien reçu aussi le virement pour prendre cette fameuse assurance santé et justifier d’un avoir de 1000€ en banque demandés par le consulat.

Alex me dit que nous avons reçu une lettre du tribunal de grande instance de Chambéry nous demandant de venir récupérer les certificats de nationalité française  des enfants. Comme nous sommes tous les deux en vrac j’ai téléphoné au TGI pour leur demander de les faire parvenir par la valise diplomatique au consulat de France à Yaoundé.

Cécile est convoquée le 14 pour  déposer son dossier de demande de visa de longue durée. Pour les garçons il faudra attendre que le Consulat reçoive les certifs. Laura est convoquée le 12 pour faire enregistrer la petite « Ange ». Nous en saurons plus le 15. A moins que d’ici là on nous ait sorti de derrière les fagots une condition supplémentaire. Vous allez dire que je suis méfiant, à la limite du pessimisme, mais chat échaudé… et nous, nous l’avons été déjà plus d’une fois. Vous savez, les employés de consulat, c’est vicieux ces sales bêtes.

Et voilà ! quelques mamours téléphoniques et coupure.


J’ai donc fait la découverte d'un « Cybercafé » d’Oshogbo. Oh la la ! Ma Doué, Le mien, il s’agit d’un bouiboui bien cradeau et c’est  rien d’le dire. Où il faut attendre qu’une machine se libère (Ca peut durer une bonne ½ heure) pour aller se battre avec un PC qui a du connaître Mathusalem. Les sessions sont au maximum d’1/2 heure pour que tout le monde puisse y accéder. Il faut à peu prés ¼ d’heure pour ouvrir hotmail. Les machines sont d’une lenteur démoniaque et il n’y a pas d’ADSL. Pas question d’ouvrir des fichiers photo. Trop long. J’ai à peine le temps de regarder mon courrier et de répondre à toute vitesse. Et là, ce ne sont que des claviers QWERTY et tellement usés que les lettres les plus utilisées sont effacées. C’est vachement facile quand on n’a pas le clavier dans les doigts. Alors pour la vitesse coucou ! Je n’ai jamais eu le temps de faire tout ce que je voulais. Plus tard, j’ai trouvé une combine en venant le matin à l’ouverture, comme il y a peu de monde le gérant m’ayant pris en pitié m’a autorisé à prendre deux sessions consécutives. Ne parlons pas du confort, Les machines sont les unes contre les autres, pas de place pour ouvrir un dossier. Moi qui suis « un peu enrobé », j’ai l’impression d’être en première ligne d’une mêlée de rugby. En pleine journée il fait très chaud, il y a (entre ceux qui pianotent et ceux qui attendent) au bas mot vingt cinq personnes et un seul ventilateur poussif. Là aussi ça rappelle le rugby, mais c’est plutôt les odeurs des vestiaires d’après match. La clientèle est jeune, entre 15 et 30 ans. Je fais tache, de par ma pâleur et mon âge canonique. De plus j’ai vite compris que ces lieux sont fréquentés pour les sites de rencontres (hommes et femmes à 50/50) et un jour un petit groupe de demoiselles entreprenantes m’a expliqué que ce n’était pas utile de me mettre à l’ordinateur puisqu’elles étaient là en chair et en os. Elles ont eu du mal à comprendre que, si j’étais là, moi aussi, ce n’était pas dans ce but. J’ai rentré le ventre et bombé le torse pour faire bonne contenance et je me suis rentré en mêlée.
Hé ! Ne vous trompez pas, je suis rentré dans mon ordinateur, pas dans les demoiselles. Bien que certaines… Elles n’ont pas compris et doivent encore en parler. Ah! les blancs...

Un point positif : 90 centimes d’€ la ½ heure.

On prend vite  le goût des nouveautés et en informatique… 

No photo today  (En anglais dans le texte)

Par Michel Neuers
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /Avr /2008 22:09



Les choses sérieuses commencent ce matin. Debout à 6 heures, café chaud. Ca ne semble pas extraordinaire, d’autant que c’est un Nes, mais ici… Je le trouve meilleur que chez nous.  Ce n’est sûrement pas vrai, mais le moindre petit bonheur est décuplé. Puis une bonne douche, chaude elle aussi. Ce n’est pas une vrai douche, mais des seaux et je m’asperge avec une casserole. Pas Byzance, mais presque.

Shumi est là à 7 heures comme je lui avais demandé. Nous partons pour le chantier. La ville se réveille et il y a moins de circulation. Ce qui est très relatif. Shumi en profite pour rouler un peu vite. Un peu trop vite pour mon goût. C’est l’heure de la rentrée des classes et il y a plein d’enfants dans les rues. Ici chaque école a son uniforme que les élèves sont obligés de porter. Les garçons en culotte courte et les filles en jupe et tous une chemisette. Certaines filles portent des bérets de couleur assortie à l’uniforme. Cette obligation d’être en uniforme est faite pour que ne se voient pas trop les différences de niveau social. Mais même les uniformes ne font pas disparaître les différences. Certains sont propres, bien coupés et bien à la taille. D’autres sont ceux que grand frère ou la grande sœur a porté avant, défraîchis, mal repassés et trop grands. Je ne parle pas des couleurs qui sont parfois agréables, mais aussi parfois étranges. La plupart y vont à pieds et parfois assez loin. Les plus aisés prennent les taxis collectifs, mais il y a aussi la moto de Papa, sur lesquelles on trouve jusqu’à trois enfants plus Papa. Ce sont des grappes de gosses qui longent les routes en chahutant. Je ne peux pas faire autrement de penser que tous ces enfants, dans cinq ans, dans dix ans seront adultes et auront eux même des enfants. La démographie est galopante dans ce pays riche, mais ou la misère est si profonde que l’avenir est un cauchemar. Quel avenir pour tous ces enfants scolarisés et beaucoup jusqu’au niveau universitaire ?  Que peuvent ils attendre de leurs études ?   Ma femme de ménage a l’équivalent d’un bac plus cinq avec formation informatique et elle gagne 12 000 Nairas ( à peu prés 65€) par mois et elle a pleuré pour avoir la place.

Joseph, mon assistant est déjà là. Joseph à 49 ans, il est ingénieur agronome, ce sont les hasards des disponibilités d’embauche qui l’ont poussé vers le BTP. Il parle très bien français. Il gagne 30 000 Nairas ( à peu prés 150€) par mois. Nous planifions notre journée. Il faut embaucher trois manœuvres pour nettoyer les abords du chantier. Nous devons convoquer un peintre pour les bureaux, un menuisier, un plombier et un électricien pour la maison. Joseph a tout un réseau de relations qui nous font gagner beaucoup de temps. Nous devons trouver une ménagère. Une jeune femme est là parce qu’elle a entendu dire qu’on allait embaucher une secrétaire. Je lui dis que ce n’est pas d’actualité car nous devons attendre que le chantier soit financé. Elle supplie Joseph de la faire embaucher comme ménagère. Je ne suis pas trop emballé car d’expérience, les gens qui acceptent un travail très en dessous de leurs compétences  ne le font pas de bon cœur. Je n’ai pas eu à m’en plaindre, mais elle n’est restée que deux mois, puis elle a argué de problèmes de santé et s’est fait remplacer par une de ses sœurs.

Il a fallu aussi aller faire des achats pour le bureau et pour la maison.


Là, on s’aperçoit que rien n’est simple en matière de commerce. La boutique qui vend les serpillières ne vend pas de balais, celle qui vend les balais ne vend pas les torchons, celle qui vend les torchons ne vend pas les produits, et même pour ça, il a fallu faire au moins trois boutiques pour avoir un lot à peu prés complet. On ne trouve jamais trois choses dans la même boutique. Chaque type de marchandise a son quartier et à chaque fois se pose le problème du stationnement.


Ici tout se paye en billets. Je me balade donc avec une grosse liasse de 200 billets de 200 Nairas. C’est chouette au début car on se sent riche, mais c’est encombrant et aussi dangereux de sortir tout cet argent devant tout un monde qui pourrait bien avoir quelques envies. J’ai vite pris l’habitude de répartir mon argent dans toutes mes poches. Les billets sont crades et en piètre état et en plus les commerçants les regardent d’un air suspect et refusent de prendre ceux qui ne sont pas en bon état. Ceux la, il faut les ramener à la banque. Ca a le don de me foutre en rogne. Enfin …

J’ai remarqué que Joseph et Shumi se disputent l’honneur de porter ma sacoche. Ca m’amuse beaucoup.

La matinée y est passée. L’après midi, nous avons vu nos « entrepreneurs » pour leur faire faire des devis.

 Et nous voilà le soir. Le comptable a été payer la redevance pour l’antenne satellite et ce soir  télé. Et en Français s’il vous plait car le satellite capte TV5 et France 24.

 Par contre toujours pas moyen de joindre Cécile directement. Nous communiquons par Alexandra interposée. Il doit pourtant bien y avoir une solution.

Par Michel Neuers
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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 06:55
Vous qui vous êtes interessés à notre blog, je vous recommande d'aller régulièrement voir le site suivant. Vous verrez que des quantités de couples mixtes sont victime de la "clique" qui nous gouverne. Je ne vous en dis pas plus . Lisez et vous serez édifié. J'ai vécu, quant à moi, 35 ans dans des sois disant "Républiques bananières", je ne me souviens pas avoir entendu parler d'un tel acharnement d'état contre les étrangers.

Accueil

Pour signer la pétition, cliquez sur : ICI     Ecrivez également au Préfet de l'Indre-et-Loire (voir coordonnées et modèle de lettre après la pétition)

Une ressortissante béninoise en voie d'expulsion après le décès de son conjoint français.

Elisabeth, resssortissante béninoise, se marie avec Claude, ressortissant français le 16 octobre 2005 et obtient un titre de séjour temporaire « vie privée et familiale » en qualité de conjoint de français. 

Ce titre de séjour est renouvelé une première fois au mois de novembre 2006. Quelques mois plus tard, Claude découvre qu'il est atteint d'un cancer. Il décède le 3 octobre 2007. 

Elisabeth, qui vient de déposer une nouvelle demande de renouvellement de son titre de séjour, informe l'administration de ce décès. Trois semaines plus tard, elle reçoit un refus de séjour accompagné d'une mesure d'éloignement. Le préfet de l'Indre-et-Loire lui écrit que « même si la rupture de communauté de vie résulte malheureusement du décès du conjoint français, l’administration ne peut renouveler le titre de séjour sollicité ». 

Elisabeth est parfaitement intégrée en France. Elle est titulaire d'un CDI en qualité d'agent d'entretien et possède un logement à son nom. 

Jeudi 3 avril, elle a été interpellée à son domicile par les services de police et conduite au centre de rétention.

Elisabeth a été libérée et assignée à résidence dans l'après midi du 3 par le Juge des Libertés. Mais son expulsion, qui reste en vigueur, doit intervenir dans les prochains jours.

Nous, signataires de la présente pétition, nous associons aux Amoureux au ban public :

  • pour refuser que des étrangers mariés à des ressortissants français soient expulsés après le décès de leur conjoint au mépris des principes élémentaires d'humanité et de justice.

  • pour exiger la libération immédiate d'Elisabeth et le renouvellement de son titre de séjour

  • pour dénoncer la politique d'éloignement aveugle et inhumaine du gouvernement


Pour signer la pétition, cliquez ICI

 

 

Le droit des couples mixtes (français/étranger)
au respect de leur vie familiale se réduit
comme une peau de chagrin.

Au nom de la lutte contre les mariages blancs
et du contrôle de l'immigration familiale,
reléguée au rang peu enviable d'« immigration subie »,
le durcissement continu des lois et des pratiques
administratives produit des situations inadmissibles :
multiplication des procèdures d'opposition à mariage,
difficultés pour obtenir la transcription des unions
célébrées à l'étranger, multiplication des refus de visa
ou de titre de séjour, éloignement des conjoints
de français en situation irrégulière, enquêtes de police
sur la commuanuté de vie ne respectant pas les règles
élémentaires de déontologie, d'objectivité et de respect
des personnes auditionnées, non reconnaissance du droit
au séjour des couples mixtes vivants hors mariage...

Victimes de cette politique restrictive et discriminatoire,
des couples mixtes de toute la France se constituent
en collectif pour assurer la défense de leurs droits.
Par Michel Neuers
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Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 16:27

Petite mise au point.

 

Pour répondre à la question de Nathalie et certainement à d’autres lecteurs, pourquoi le Nigeria ?


Quand le tribunal administratif a rejeté l’appel de Cécile, en juin 2007, nous avons pris la décision que Cécile rentrerait au Cameroun conformément à la décision du tribunal. Comme nous savions, de par l’expérience d’autres couples ayant subi le même jugement dégueulasse, nous savions que la délivrance du visa prendrait plusieurs mois. Pour des raisons financières évidentes, je ne pouvais pas la suivre au Cameroun. Pour limiter notre séparation, j’ai cherché une mission soit au Cameroun, soit dans un pays limitrophe qui lui permettrait de me rejoindre facilement. Vu mon âge (64 ans), ça n’a pas été simple et la seule proposition a été pour le Nigeria. Notre calcul s’est avéré nul car le consulat de France de Yaoundé lui a pris son passeport pour établir le visa, que ce passeport est toujours au consulat (6 mois pendant lesquels elle est toujours prisonnière de l'administration française)et que Cécile n’a jamais pu me rejoindre faute de passeport. Par contre j’ai pu, plus facilement aller passer 3 semaines avec elle, mais de ça je parlerai plus loin.

 

 Dimanche 28 octobre 2007

Une petite grasse matinée jusqu’à 9 heures. Pour moi, c’est un exploit. Puis j’ai inspecté la maison en détail pour prendre dès lundi matin les mesures nécessaires pour pouvoir y vivre normalement. Le problème de l’eau est primordial. Il y a aussi des climatiseurs qui ne fonctionnent pas, des ampoules électriques grillées, des robinets qui fuient…

 


Ensuite le problème du casse croûte, car ici ce sera ma seule joie. Alors il ne faut pas négliger « le bouffement ». J’ai vu qu’il y a un marché aux légumes et aux fruits qui a l’air pas mal. On y trouve notamment des carottes, des choux, des concombres, des tomates en plus des légumes et fruits typiquement africains comme ignames, manioc, tarots, patates douces. Pour les fruits, oranges, clémentines, bananes, ananas et mangues, papayes tous délicieux.

 

























            











       La viande, ah la viande !  Il y a de la viande fraîche (bœuf, chèvre, mouton et porc), coupée à la machette, n’importe comment, stockée sur des étals en pleine chaleur et le tout recouvert de mouches. Et je ne vous parle pas de l’odeur puisque l’odeur ne se mange pas. On trouve aussi du poulet « aux hormones » et du poisson d’élevage congelés. Vu les coupures de courant je vous laisse imaginer le nombre de décongélations et de recongélations…  Il y a aussi les boîtes de « Corned beef ». J’opte donc pour un régime semi-végétarien avec un peu de poulet, de poisson d’œufs et de corned beef. C’est ainsi que j’ai perdu 10 kg en 4 mois. Ce qui est plutôt un bien pour moi.

Pour la boisson, rien ne manque. On y trouve de l’eau qui s’appelle « Eau d’Evan » Non je n’ai pas oublié le « i ». Il y a aussi tout un assortiment de bières  et la gamme d’une marque de soda américaine dont je ne ferai pas la pub ici, mais que votre sagacité bien connue vous aura su trouver. Le vin, apéros et les alcools ; il y en a, mais bizarres et très cher. J’ai donc opté pour l’eau et la bibine.

Le pain, il n’y a pas de boulangerie à Oshogbo. On y trouve du pain de mie brioché et assez sucré. C’est bien pour le p’tit déj, mais pour le reste…

Il y a aussi un « Supermarket »  qui doit bien faire 20m² qui fait aussi pharmacie. C’est risible d’appeler ça Supermarket.  On y trouve quelques conserves, lait en poudre, nescafé, des produits d’entretien, de la parfumerie.

 Ben voilà ! Je vais devoir adapter ma gastronomie aux ressources locales. Mais ce n’est pas l’angoisse.

 
Nous sommes en fin de saison des pluies et chaque soir nous avons droit à un orage colossal. Comme il y a des pelotes de fils électriques plus ou moins bien raccordés, chaque orage se double d’une coupure de courant. Ce soir nous n’y avons pas échappé, mais mon générateur a bien voulu démarrer.

 

Je n’arrive pas à contacter Cécile. Ca, c’est beaucoup plus ennuyeux. J’aurais bien besoin de lui parler un peu. Ce serait bon pour mon moral car passer tout un dimanche sans parler à personne ... Pour le sien aussi, certainement. Heureusement qu’Alex lui a dit de ne pas se faire de soucis, que j’avais un problème de téléphone, et rien de plus…

Par Michel Neuers
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Vendredi 4 avril 2008 5 04 /04 /Avr /2008 17:17



Lever pénible vers 7heures. C'est l'heure ou le soleil se lève en cette saison.

Donc, Nescafé froid avec tartines de pain rassis et beurre coulant en guise de p'tit déj . Puis visite des lieux et inventaire de la maison. J'ai pu faire une liste des choses qui manquaient, mais rien de très grave.

A 10 heures j'avais rendez-vous sur le site avec mon patron. J'ai un beau 4x4 KIA Sportage pratiquement neuf
                                              
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 et donc un chauffeur puisqu'il n'est pas question de conduire ici. Mon chauffeur s'appelle Francis, il a 32 ans   



De g à d: Francis, Joseph et le gardien              Bayo le géomètre en pleine activité

il parait plutôt sympa mais ne parle pas français. Il s'avèrera être très dévoué et aussi un très bon chauffeur. Je retrouve mon staff déjà arrivé et je suis surpris de l'extrême politesse de mes employés qui me saluent d'une sorte de révérence plutôt ridicule à notre époque. J'ai fait un petit speach surtout pour leur dire que je me passerai de salamalecs et qu'une poignée de main bien de chez nous suffira. Ils paraissaient très déçus, mais ... Je me suis aperçu après que les relations entre gens de niveau hiérarchique différents étaient toujours acco

mpagnées de ce cérémonial qui situait clairement la position de chacun. Comme je ne m'y résoudrais pas ... Ce qui les a surpris aussi c'est que je les ai reçu un par un pour faire connaissance. Joseph, mon assistant a bien essayé de me dire que c'était inutile, comme j'insistais, il a organisé le défilé en faisant très attention de respecter un ordre, qui lui semblait très important. Pour le moment mon staff est constitué de mon assistant Joseph pour la construction, d'un coach pour le golfe, d'une secrétaire, d'un comptable, d'un géomètre et d'un métreur en plus du chauffeur. Tous nigérians et anglophones (mais un anglais très particulier, presque une sorte de créole anglais et avec un accent pas possible) pour moi qui ai toujours été un cancre en anglais, ce n'est pas évident. Il va falloir que je fasse de gros efforts de ce côté



           






Joseph 

Mon patron est arrivé à 11 heures et il était pressé de repartir. Nous avons refait le tour du chantier et du golfe à toute vitesse. Il commentait ci et ça au fur et à mesure et impossible de prendre des notes. Joseph qui me voyait perplexe m'a dit que ce n'était pas grave car il connaissait to

ut et que nous referions le tour calmement. Et c'est vrai qu'il savait tout le bougre. Lui aussi c'est avéré d'une grande utilité et d'une grande compétence et nous sommes devenus des amis. Au début, il était un peu étonné du tour que prenaient nos relations et puis nous nous sommes appréciés mutuellement.


Le chantier (nouveaux bâtiments) a été commencé en 2005 et a évolué en pointillé, suivant les possibilités de préfinancement de l'entreprise toujours en attente d'un financement bancaire. La végétation avait à nouveau envahi les fondations déjà réalisées. Quant aux bâtiments abandonnés, eux, étaient carrément retournés à la brousse (le bush) et envahis par les serpents. C'était assez étonnant de voir le contraste entre ce terrain de golfe bien entretenu et ces constructions abandonnées. La visite s'est terminée par le tour des ruines ou mon patron m'a expliqué comment il se voyait réorganiser l'ensemble pour en tirer le meilleur parti. Personnellement j'étais inquiet.

A midi le chef et son train sont repartis pour Lagos. Une grande solitude s'est abattue sur moi. De toute façon je n'avais pas d'autre choix que d'y arriver. Alors restons positifs.

Avec l'aide de Joseph et de Francis j'ai pu acheter de l'essence, des allumettes et une bouteille de gaz. Toujours pas d'électricité, Joseph m'a débrouillé quelques outils et pendant que je me suis mis sur le générateur, Francis a été me faire quelques commissions. A 18 heures, juste à la nuit tombante, le groupe a bien voulu démarrer. Je commençais à craindre le pire car avec la chaleur, la douche n'était pas superflue.

C'était soudainement « Byzance ». De la lumière, de l'eau, une bonne douche, un repas chaud, et suprême raffinement, la télé était équipée d'une antenne parabolique qui recevait TV5 et France 24. Mon stock de nourriture achetée à Lagos, bien qu'étant dans une glacière était complètement dégelé, mais encore bien froide. Mais à la guerre comme à la guerre comme me disait mon grand père. N'en déplaise à la « chaîne du froid » et à tous les principes de précaution à la mode, cette viande sera mangée, et par moi en plus.

Le lendemain, la première chose à assurer, ce fût l'électricité. Pendant la nuit, celle du secteur était revenue; mais pour combien de temps ? Nous en avons profité pour faire réviser le générateur par un « spécialiste ». Pendant ce temps j'ai acheté des bougies et des allumettes et aussi 20 seaux pour avoir toujours une réserve à la maison pour les jours sans électricité.

Il y a aussi le problème du téléphone. Portables uniquement. Ca fonctionne assez bien au niveau des appels locaux, à peu prés vers la France et pas du tout vers le Cameroun. J'ai donc perdu tout contacts avec Cécile. Comme j'arrive à avoir Alexandra, c'est elle qui sert de relais, mais pas de contact direct, ce n'est pas l'idéal pour les choses un peu intimes. Pas de liaison Internet non plus. On m'avait pourtant dit que j'aurai un PC, mais rien. Je vais donc être obligé d'en passer par les « Cybers ».

Par Michel Neuers
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Lundi 31 mars 2008 1 31 /03 /Mars /2008 18:04
 On arrive à Oshogbo par une route à deux fois deux voies en travaux. Il y a un grand complexe administratif clôturé et gardé. C'est ce qu'on appelle ici le "Secrétariat".En fait c'est le siège du gouvernement de l'Etat. (Osun state) Le Nigéria est une fédération d'états qui ont une assez large autonomie. Le siège du pouvoir fédéral est à Abuja. Il y a donc en plus du gouvernement fédéral autant de gouvernements que d'états et donc une administration plétorique, omnipotente, pesante et tout à fait inopérante.


















J'ai pris ces photos assis dans ma voiture à côté du chauffeur. A droite, nous roulons à contre-sens sur la voie de gauche. Des voitures arrivent en face. Sur la voie de droite, une voiture et un camion roulent comme il se doit, mais une voiture arrive à contre-sens. A gauche, nous roulons sur la voie de droite et on peut voir une voiture qui arrive à contre-sens.



Juste en face du complexe administratif se trouve le chantier que je suis sensé devoir faire. Il s'agit d'un golfe de 18 trous avec hôtel de luxe, salles de banquet, salle de spectacle, un centre artisanal et toutes les annexes y affairant. Le site est magnifique. Le golfe a déjà été travaillé et tourne même avec huit trous. Il est situé sur
les deux versants d'un grand talweg ou coule une rivière et un barrage forme un  lac artificiel presqu'entièrement recouvert de nénuphars. Nous sommes en fin de saison des pluies et la pelouse, bien entretenue est d'un vert magnifique. Quelques arbres ont été laissés de place en place. Principalement des palmiers ce qui lui donne sa touche africaine. C'est plus vrai que nature. Il n'y manque que quelques girafes, un éléphant et un couple de lions...
Il y a aussi les sinistres carcasses des premiers bâtiments qui ont été commencés et arrêtés il y a plus de vingt ans.
 
Ça, c'est nettement moins "carte postale"!
 
Mais il va falloir en tirer le meilleur parti et vu l'état des vestiges ce ne sera pas le plus simple. Mais nous y reviendrons.
Le nouvel hôtel, de conception architecturale moderne tout en   style du pays a été commencé juste à côté des carcasses et je prévois pas mal de soucis pour arriver à accrocher l'un a l'autre sans choquer.
Nous avons traversé le site au pas de charge, juste pour voir. Nous rentrerons dans les détails dès demain. Mon patron m'a présenté mes collaborateurs, tous nigérians et anglophones sauf mon second qui parle le français. Puis nous avons été à la maison que je dois habiter. Je remarque que le chantier est gardé par des soldats en armes.
La traversée d'Oshogbo n'a rien à envier ni à celle de Lagos, ni à celle d'Ibadan. C'est la même fourmilière. Juste un peu plus petit. C'est ça, un chemin de fourmis où tout le monde circule dans les deux sens, en évitant toujours comme par miracle celui qui vient en face sans soucis de règles précises, à contre-sens, en zigzag, par la gauche, par la droite. Et il ne semble pas y avoir trop d'accrochages. Au niveau des miracles, le Nigéria est bien au dessus de Lourdes. Je disais toujours que"si le Bon Dieu existe, il est sûrement africain". Je confirme et je précise qu'il est certainement nigérian. Enfin on m'a dit qu'il y a de temps à autre des cartons mémorables.




















La maison. Une villa dans un jardin semidésertique mais propre. Comme l'hôtel (l'ancien) elle a du être construite par "Amonbeaufils". Grande, spacieuse, sur dimensionnée, pompeuse. Rien ne s'ouvre, rien ne se ferme. L'eau, ça marche pas. L'électricité non plus. De toute façon il y a une coupure de courant. Il y a un générateur, mais il est en panne. Le château d'eau fuit donc pas de réserve d'eau. Les meubles aussi pompeux et aussi assez crades, Des rideaux ... je passe.  Ce sera mon premier chantier. avec un peu d'opiniâtreté, ce sera bien. Ah! j'allais oublier. Le jardin est entouré de hauts murs surmontés de barbelés et.je suis gardé par deux vigiles. Il fait très chaud, lourd, très lourd. D'un seul coup quelques grosses gouttes frappent le toit en tôles. Puis tout va très vite. en quelques secondes c'est un orage tropical qui s'abat sur nous. Je me suis dépêché de mettre tout ce qu'il y avait de seaux, casseroles et autres gamelles pour pouvoir me doucher et pour les toilettes. Evidemment la bouteille de gaz est vide, alors pas moyen de manger chaud ce soir. De toute façon je suis crevé et je n'ai pas vraiment faim. Pour tout éclairage, je n'avais que la lueur de mon téléphone portable. Alors, au lit.
L'électricité n'est pas revenue cette nuit là. C'est donc un Nescafé froid que j'ai ingurgité ce premier matin. En attendant mon chauffeur, j'ai eu le temps de faire l'inventaire. L'équipement de la maison est complet. Que ce soit la vaisselle, l'électro-ménager et même les meubles, finalement dans quelques jours je serai bien ici. Je dois m'organiser, tout remettre en ordre, surtout régler les problèmes d'eau et d'électricité. Après ...


Par Michel Neuers
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 16:52

Le vendredi 26, un chauffeur est venu me chercher à mon hôtel. Nous sommes allés au siège de la boîte pour y rencontrer mon nouveau patron et y prendre les consignes et me faire breaffer. On m'a expliqué les astuces et raffinements devant me permettre de vivre à Oshogbo. Car je vais y être seul français. Pendant mon séjour (4mois) je n'ai parlé français qu'avec Joseph, mon adjoint, par deux fois j'ai eu la visite de mon patron et de son associé et je n'ai  qu'une européenne, dans le marché.
L'aprés midi nous sommes partis pour Oshogbo. J'ai été surpris de voir monter en voiture, en plus de l'indispensable chauffeur, un militaire armé d'une kalatchnikov. Il parait que c'est aussi indispensable. Il y a eu ces derniers temps des "blancs" pris en otage. Ca s'est toujours bien terminé, mais..... La présence du garde a aussi l'avantage d'aider à franchir les "contrôles de police" qui sont aussi assez souvent l'occasion d'un "racket" plus ou moins admis.
Sortir de Lagos est très difficile. Un dédale de voies dites rapides très encombrées, de ponts de plusieurs kilomètres qui franchissent les bras de la lagune ("Lagos", en espagnol dans le texte, signifie "lacs". en fait de lacs, c'est une trés grande lagune qui forme des îles et des presqu'îles qui ont été construites au fur et à mesure du développement de la ville et sont reliées entre-elles.) rien n'y est ligne droite et l'on saute d'une ile à une autre en perdant tout sens de l'orientation. Les paysages sont semblables et sans grand intérêt si bien qu'on a toujours l'impression d'être déjà passé là.Les chaussées sont toutes goudronnées, mais en assez mauvais état. La circulation est très dense et assez anarchique et il y a des milliers de "moto-taxis" qui slaloment entre les voitures. Il n'est pas rare de trouver deux passagers en plus du pilote sur un moto-taxi. Et voir plus si ...
Notre "driver" se démène comme un diable pour avancer dans ce marasme. Et une queue de poisson et un serrage, et un passage en force, et un coup de frein. Ah! celui-là il n'est pas passé loin !
J'allais oublier, le commerce déborde largement sur la rue. Des petites boutiques de bric et de broc ou on vend de tout. De la bouffe, des chaussures, des sous-vêtements, des téléphones portables, des casquettes, des chaussettes, de la boisson, du pain... et même ce que l'on ne peut imaginer. Je disais donc que ces boutiques, on en trouve partout, mais principalement dans les endroits où la circulation ralenti. Comme elles empiètent sur la chaussée le ralentissement empire. En plus des boutiques, il y a les "toreros". Ce sont des petits vendeurs qui portent leur échoppe sur eux. Ils vendent aux passagers des voitures, au milieu des embouteillages. Je les ai appelé les "toreros" car ils ont à peu prés les mêmes gestes et déhanchements que les toreros. Chaque fois que notre "driver" en loupait un, j'avais envie de crier "Olé". Car ce sont eux qui évitent les voitures. les "drivers" ne s'en soucient absolument pas. Il doit bien y en avoir qui finissent la journée à l'hosto, mais je n'en ai pas vu. Ce sont en principe des jeunes hommes qui risquent leur vie pour gagner environ un à deux euros par jour.
Ils ne font pas ça par vocation, mais parcequ'il n'y a pas assez de travail au Nigéria. c'est ça ou crever de faim. Le pire, c'est que parmi eux il y a des diplômés.

Nous passons à droite, nous passons à gauche, nous prenons des voies à contre-sens, nous coupons des rond-points et nous finissons par atteindre les faubourgs de la ville. Nous prenons une sorte de route deux fois deux voies. La circulation s'est un peu fluidifiée, mais il y a maintenant un flot de camions dans lequel il faut zigzaguer eu passant entre deux, à ras les pare-chocs, le tout à plus de cent à l'heure. C'est devenu "le salaire de la peur". Moi, vous me connaissez ! Je suis un grand calme, mais là, je dois dire que...  c'était du jamais vu.
Du jamais vu, aussi, c'était les camions. Certes il y en a quelques uns qui ont bonne allure, mais la plupart seraient juste bons pour la casse. Tout le long de la route on en trouve arrêtés sur les bas-côtés, en panne. Et quelles pannes... Ici on n'hésite pas à tomber un moteur, une boîte de vitesses, un pont, à le démonter sur le bord de la route et à repartir en laissant derrière soi une flaque d'huile et de gas-oil.

De place en place il y a des points de troc de carburant sauvage. A chacun, il s'établit une sorte de bidonville gluant et noir de gas-oil où se trament des transactions louches, tout à fait illégales, mais tolérées et qui n'ont pas l'air d'être réprimées. Les carburants se vendent 50% moins cher que dans les stations service. Un autre business qui fait florès, c'est la réparation des roues crevées. Car un pneu jugé mort chez nous est considéré "presque neuf" là bas. Alors on crève trés souvent. A chacun de ces souks au gas-oil et à la crevaison se crée un ralentissement et souvent un embouteillage. Les plus pressés prennent la route à contre-sens sur la voie qui roule un peu. Parfois sur plusieurs km, jusqu'à trouver un endroit ou l'on peut traverser le terre-plein central pour revenir sur la bonne voie. Ces ralentissements favorisent le petit commerce et l'on retrouve les "toreros".

Nous arrivons à Ibadan. Ibadan a longtemps été la plus peuplée des villes d'Afrique Centrale (pas loin de 3.5 millions d'habitants). Tout en constructions basses qui lui donnent une superficie hors du commun. On n'en finit pas de traverser Ibadan. Nous n'avons fait qu'y passer, mais c'est un challenge. Même circulation qu'à Lagos et mêmes problèmes pour s'y frayer un passage. Shumy se faufile entre motos, camions, toreros avec beaucoup de talent et à grand renfort de klaxon. J'avais oublié de vous en parler, mais ici le klaxon est presque aussi indispensable que le moteur ou les roues. Par contre, les clignotants ne servent qu'occasionnellement.

A la sortie d'Ibadan, on retrouve la même grande route avec ses mêmes problèmes, ses mêmes "camions ivres", ses trous, ses contre-sens, ses souks au gas-oil. Le paysage commence à changer. La végétation est plus rabougrie, moins de grands arbres. De place en place de vieux palmiers dépassent de la forêt basse. Nous sommes passés à côté d'un troupeau de dromadaires qui paissaient tranquillement sans se soucier de la circulation.
Puis une vingtaine de Km d'une route simple et moins chargée en circulation.

Et enfin Oshogbo.


NOTA: Vous pouvez vous reporter à l'encyclopédie Wikipédia pour avoir des détails concernant le Nigéria, Lagos , Ibadan et Oshogbo.... Pour ce faire, aller sur votre moteur de recherche préféré (Yahoo,Googgle etc.)Taper le nom (Nigéria par exemple) Puis ouvrir l'onglet Wikipédia correspondant.

Par Michel Neuers
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Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /Mars /2008 18:28
Un Petit peu de Gégraphie pour mleux nous situer:



Affrique.jpg Le Nigéria est un pays situé au centre de l'Afrique dans le golfe de Guinée. C'est le pays le plus peuplé d'Afrique:  
-   158 500 000   habitants,
-    925 000km²,>160h/km²,   
-    Pop urbaine 44%,
-   45% de moins de 15 ans,
-    croissance démog.  2.4%,
-    espérance de vie 45 ans,
-    mortalité infantile 9.6%)

Un climat Variant du désert au nord à la forêt tropicale au sud. On y parle,en plus des langues locales un anglais assez difficile à comprendre pour un "pas trés bon" anglophone dans mon genre. Il y a , grosso modo, 2/3 de musulmans pour 1/3 de chrétiens avec une plus forte proportion de musulmans au nord et une plus forte prortion de chrétiens au sud. Les routes sont relativement bonnes quoique mal entretenues. Les villes sont grandes et étendues. (Constructions basses) Le climat est chaud,sec au nord,tres humide au sud. Les relations avec la population sont bonnes, mais il faut se méfier du banditisme tres organisé et actif.



Af-Nigeria.jpg Frontalier du Cameroun, il faut uneheure et demie d'avion pour aller de Lagos à Douala.

La vie n'y est pas désagréable, on y trouve sur place ce qu'il faut pour y vivre bien.
A Oshogbo, j'étais isolé et cet isolement m'a été trés pénible. Il m'a fallu tout apprendre. Heureusement qu'il y avait Joseph . Je vous en parlerai un peu plus loin.
Bien sur, il ne faut pas prétendre y vivre comme à St Pierre, mais quand on connait les ressources locales et qu'on sait s'adapter....

J'ai eu un trés bon feelling tant avec mes collègues qu'avec la population. Seul le problème de la langue m'a empêché d'en profiter pleinement. Et surtout ma séparation forçée de Cécile...








Par Michel Neuers
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