Le vendredi 26, un chauffeur est venu me chercher à mon hôtel. Nous sommes allés au siège de la boîte pour y rencontrer mon nouveau patron et y prendre les
consignes et me faire breaffer. On m'a expliqué les astuces et raffinements devant me permettre de vivre à Oshogbo. Car je vais y être seul français. Pendant mon séjour (4mois) je n'ai parlé
français qu'avec Joseph, mon adjoint, par deux fois j'ai eu la visite de mon patron et de son associé et je n'ai qu'une européenne, dans le marché.
L'aprés midi nous sommes partis pour Oshogbo. J'ai été surpris de voir monter en voiture, en plus de l'indispensable chauffeur, un militaire armé d'une kalatchnikov. Il parait que c'est aussi
indispensable. Il y a eu ces derniers temps des "blancs" pris en otage. Ca s'est toujours bien terminé, mais..... La présence du garde a aussi l'avantage d'aider à franchir les "contrôles de
police" qui sont aussi assez souvent l'occasion d'un "racket" plus ou moins admis.
Sortir de Lagos est très difficile. Un dédale de voies dites rapides très encombrées, de ponts de plusieurs kilomètres qui franchissent les bras de la lagune ("Lagos", en espagnol dans le texte,
signifie "lacs". en fait de lacs, c'est une trés grande lagune qui forme des îles et des presqu'îles qui ont été construites au fur et à mesure du développement de la ville et sont reliées
entre-elles.) rien n'y est ligne droite et l'on saute d'une ile à une autre en perdant tout sens de l'orientation. Les paysages sont semblables et sans grand intérêt si bien qu'on a toujours
l'impression d'être déjà passé là.Les chaussées sont toutes goudronnées, mais en assez mauvais état. La circulation est très dense et assez anarchique et il y a des milliers de "moto-taxis" qui
slaloment entre les voitures. Il n'est pas rare de trouver deux passagers en plus du pilote sur un moto-taxi. Et voir plus si ...
Notre "driver" se démène comme un diable pour avancer dans ce marasme. Et une queue de poisson et un serrage, et un passage en force, et un coup de frein. Ah! celui-là il n'est pas passé loin
!
J'allais oublier, le commerce déborde largement sur la rue. Des petites boutiques de bric et de broc ou on vend de tout. De la bouffe, des chaussures, des sous-vêtements, des téléphones
portables, des casquettes, des chaussettes, de la boisson, du pain... et même ce que l'on ne peut imaginer. Je disais donc que ces boutiques, on en trouve partout, mais principalement
dans les endroits où la circulation ralenti. Comme elles empiètent sur la chaussée le ralentissement empire. En plus des boutiques, il y a les "toreros". Ce sont des petits vendeurs qui portent
leur échoppe sur eux. Ils vendent aux passagers des voitures, au milieu des embouteillages. Je les ai appelé les "toreros" car ils ont à peu prés les mêmes gestes et déhanchements que les
toreros. Chaque fois que notre "driver" en loupait un, j'avais envie de crier "Olé". Car ce sont eux qui évitent les voitures. les "drivers" ne s'en soucient absolument pas. Il doit bien y en
avoir qui finissent la journée à l'hosto, mais je n'en ai pas vu. Ce sont en principe des jeunes hommes qui risquent leur vie pour gagner environ un à deux euros par jour.
Ils ne font pas ça par vocation, mais parcequ'il n'y a pas assez de travail au Nigéria. c'est ça ou crever de faim. Le pire, c'est que parmi eux il y a des diplômés.
Nous passons à droite, nous passons à gauche, nous prenons des voies à contre-sens, nous coupons des rond-points et nous finissons par atteindre les faubourgs de la ville. Nous prenons une sorte
de route deux fois deux voies. La circulation s'est un peu fluidifiée, mais il y a maintenant un flot de camions dans lequel il faut zigzaguer eu passant entre deux, à ras les pare-chocs, le tout
à plus de cent à l'heure. C'est devenu "le salaire de la peur". Moi, vous me connaissez ! Je suis un grand calme, mais là, je dois dire que... c'était du jamais vu.
Du jamais vu, aussi, c'était les camions. Certes il y en a quelques uns qui ont bonne allure, mais la plupart seraient juste bons pour la casse. Tout le long de la route on en trouve arrêtés sur
les bas-côtés, en panne. Et quelles pannes... Ici on n'hésite pas à tomber un moteur, une boîte de vitesses, un pont, à le démonter sur le bord de la route et à repartir en laissant derrière soi
une flaque d'huile et de gas-oil.
De place en place il y a des points de troc de carburant sauvage. A chacun, il s'établit une sorte de bidonville gluant et noir de gas-oil où se trament des
transactions louches, tout à fait illégales, mais tolérées et qui n'ont pas l'air d'être réprimées. Les carburants se vendent 50% moins cher que dans les stations service. Un autre business qui
fait florès, c'est la réparation des roues crevées. Car un pneu jugé mort chez nous est considéré "presque neuf" là bas. Alors on crève trés souvent. A chacun de ces souks au gas-oil et à la
crevaison se crée un ralentissement et souvent un embouteillage. Les plus pressés prennent la route à contre-sens sur la voie qui roule un peu. Parfois sur plusieurs km, jusqu'à trouver un
endroit ou l'on peut traverser le terre-plein central pour revenir sur la bonne voie. Ces ralentissements favorisent le petit commerce et l'on retrouve les "toreros".
Nous arrivons à Ibadan. Ibadan a longtemps été la plus peuplée des villes d'Afrique Centrale (pas loin de 3.5 millions d'habitants). Tout en constructions basses qui lui donnent une
superficie hors du commun. On n'en finit pas de traverser Ibadan. Nous n'avons fait qu'y passer, mais c'est un challenge. Même circulation qu'à Lagos et mêmes problèmes pour s'y frayer un
passage. Shumy se faufile entre motos, camions, toreros avec beaucoup de talent et à grand renfort de klaxon. J'avais oublié de vous en parler, mais ici le klaxon est presque aussi
indispensable que le moteur ou les roues. Par contre, les clignotants ne servent qu'occasionnellement.
A la sortie d'Ibadan, on retrouve la même grande route avec ses mêmes problèmes, ses mêmes "camions ivres", ses trous, ses contre-sens, ses souks au gas-oil. Le paysage commence à changer. La
végétation est plus rabougrie, moins de grands arbres. De place en place de vieux palmiers dépassent de la forêt basse. Nous sommes passés à côté d'un troupeau de dromadaires qui paissaient
tranquillement sans se soucier de la circulation.
Puis une vingtaine de Km d'une route simple et moins chargée en circulation.
Et enfin Oshogbo.
NOTA: Vous pouvez vous reporter à l'encyclopédie Wikipédia pour avoir des détails concernant le Nigéria, Lagos , Ibadan et Oshogbo.... Pour ce faire, aller sur votre moteur de recherche préféré
(Yahoo,Googgle etc.)Taper le nom (Nigéria par exemple) Puis ouvrir l'onglet Wikipédia correspondant.
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